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DAY 71: THE END

JFK Airport c’est le jour où tu demandais l’addition.

71 jours

11 000miles de route/ 18 000km/ distance Paris-Sydney

184 heures de conduite/ 8 jours complets/ 0 GPS

15 Etats/ 13 Etats traversés

5 voitures/ 9 avions/ 1 vélo/ 1 cheval/ 1 ours/ 50 bisons/ 1 clown

0 arrêt par la police/ 1 contravention/ 1 dépanneuse

7 classiques littéraires/ 3000 chansons de playlist

19kg de bagage à l’aller/ 26kg au retour/ 8 lessives

7h de sommeil par jour en moyenne/ 2h de rédaction de blog par jour en moyenne

4 moments de doute/ 1 grosse peur/ 1 crise de larme

50 “just one key” annoncés dans les motels/ 100 “table for one” annoncés au restaurant

Une infinité de moments forts, de sourires, de “whaou”, de “putain”, de McDonald’s, de Subway, de Motel 6, de Best Western, de pleins d’essence, de photos, de cafés jus de chaussette, d’œufs brouillés pas trop cuits, de grilled chicken ceasar salads, de couches de crème solaire, de kilomètres à pied, de litres de coca light, de gentils Messieurs, de gentilles Madames.

TOTAL : Avoir mené un projet au bout, avoir réalisé un rêve, sentir que tu as accompli quelque chose, avoir été au bout de toi-même, t’être prouvé des choses, t’être surpris, être fière de toi.

Pour les autres $17 000/ 12 000€ il y a Mastercard.

Tu voudrais remercier ton lecteur pour sa fidélité et son engagement dans la lecture quotidienne de ton blog. Tu veux lui dire que les soirs où tu avais la flemme, tu pensais fort à lui et tu te forçais. Tu espères qu’il aura apprécié, qu’il aura voyagé avec toi, que tu lui auras donné envie, que tu l’auras inspiré.

Tu voudrais remercier Philou et Kiva d’être venus te voir. Que si ça comptait pour eux, ça comptait beaucoup pour toi.

Et tu voudrais remercier l’Amérique. Mais vous vous êtes déjà tout dit.

Alors c’est la fin. Et à la fin c’est “je”.

Alors je te quitte. Je rentre à la maison.

DAY 70: New York City, NEW YORK

New York c’est le jour où tu parlais russe.

Tu vas à Brighton Beach. Brooklyn. A 40min de Manhattan c’est un petit Deauville version russe. Au moins un quartier que les Chinois n’auront pas facilement. Tu vas déjeuner chez Tatiana. Tu ne la connais pas personnellement. Tatiana c’est le restaurant emblématique du front de mer. Le menu est écrit en russe, la serveuse te parle un anglais des plus louche et les locaux prennent un pichet de vodka au soleil à 14h. Faut pas se laisser aller. Ici c’est kitsch. Ici c’est plouc. Mais ici c’est couleur locale. Toi tu fumes en terrasse  parce que tu te dis que finalement tu n’es plus vraiment en Amérique. En même temps tu te dis que le Roskoff n’est pas connu pour sa tendresse, alors tu espères secrètement qu’il aime bien le tabac. Il y a 3 jours un homme a décidé de venir sur le front de mer devant le Tatiana et de tirer sur les gens. Comme ça. Pour rigoler. 4 blessés graves et un mort. Drôle.

Et puis il y a la plage. La fameuse serviette rouge. Les filles russes qui ont mangé trop de pommes de terre. Les filles russes qui aimeraient manger du caviar. Vous partagez le soleil de New York mais c’est à peu près tout. Tu sens que la communauté est déjà formée et tu as perdu ton ticket d’entrée. Tu trouveras bien une autre communauté qui voudra de toi. La communauté des gens très bronzés par exemple.

A Brighton Beach c’était la Mer Caspienne. Ce n’était déjà plus New York. Ici tu auras dit spaciba plutôt que thank you. Tu auras mangé des harengs plutôt qu’un burger. Et tu auras repris le métro les jambes pleines de sable. Ca ce n’etait pas spécialement russe, mais il y était quand même question d’être Bienheureux.

Day 70, Tatiana

Day 70, Tatiana

DAY 69: New York City, NEW YORK

New York c’est le jour où tu racontais ton histoire.

Tu racontes ton histoire à l’Est. Une table de 7 personnes. Tu n’en connais qu’une. Et quand tout le monde est à New York en stage, toi tu es là comme ça. Juste parce que ça te chante. Parce qu’il fallait bien terminer l’aventure par quelque chose. Qu’est-ce-que tu as préféré ? Ca fait quoi de passer deux mois toute seule ? Tu ne t’ennuyais pas trop ? Tu n’as pas trop eu peur toute seule ? Tu as rencontré des gens ? Toi tu as l’impression d’avoir marché sur la Lune. D’avoir fait un truc incroyable. Peut-être que oui finalement. Et en parlant de toi, en parlant ce que tu as fait et où tu as été tu es surprise de voir que ton histoire intrigue les gens.

Et puis tu racontes ton histoire à l’Ouest. Une brunette et son chien. Et tous les deux veulent comprendre ton histoire. Comment tu t’es décidée à partir ? Pourquoi l’Amérique ? Pourquoi seule ? Pourquoi ce blog ? Quels ont été tes moments forts ? Ils te regardent tous les deux et ils t’écoutent. Avec attention. Tu es surprise de voir que ton histoire touche les gens.

A New York entre l’Est et l’Ouest il y avait toi qui prenais conscience que tout ça en valait la peine. Que chaque jour tu l’auras su un peu plus. Mais qu’aujourd’hui quand les gens t’auront dit “je n’aurais pas pu le faire seul”, tu auras vu dans leurs yeux l’envie de se dire que c’était possible. Et que ton aventure pourrait être la leur. La brunette t’aura dit que ton histoire était inspirante. C’est juste un mot inspirant. Mais ça sera devenu tellement plus que ça quand tu auras fini par croire que c’était peut-être vrai.

Day 69, Ils T’Ecoutaient avec Attention

Day 69, Ils T’Ecoutaient avec Attention

Day 69, Inspirant

Day 69, Inspirant

[Flash 9 is required to listen to audio.]
The Logical Song by Supertramp from the album: Breakfast In America

 Day 68, New York City, NEW YORK

DAY 68: New York City, NEW YORK

New York c’est le jour où tu étais une fille.

Quand tu es une fille tu fais des caprices de fille. Tu veux du homard. Quand tu vivais à New York tu avais été manger du homard avec Debora pour ton dernier déjeuner. Tu en avais plein les babines. Plein les minettes. Tu avais tout bien mangé ton homard et ta pomme de terre au four. Tu y repenses souvent à ton homard. Alors tu retournes au restaurant pour manger ton homard. Tu t’installes à la table et là le Méchant Monsieur te dit qu’ils ont supprimé le homard de la carte. Tu boudes comme une fille. Et il t’offre un dessert à la fraise. Un dessert de fille.

Comme tu es une fille tu fais du shopping. Comme tu es une super fille tu fais aussi du shopping pour les autres. Maintenant ta valise de road-trippeuse semble anormalement petite et ton supplément bagage anormalement gros. Il faut donc acheter un sac de voyage supplémentaire. Tu auras fait 68 jours avec une valise de fille presque raisonnable, mais aujourd’hui c’est l’aveu d’échec. Peut-on être trop fille ?

Et puis il y a Bloomingdale’s. Le Monde Merveilleux des Cosmétiques. On ne peut jamais être trop fille. Tu regardes toutes les nouveautés, tu touches à tout, tu as les mains toutes peinturlurées. Tu vas voir Monsieur le Vendeur de Fond de Teint et tu lui dis que comme tu as beaucoup bronzé il te faudrait peut-être une couleur une teinte au-dessus. Non, Non vous êtes toujours la teinte numéro 1. Salaud.

A New York tu auras été un fille du samedi sous la pluie. Tu te seras souvenu qu’hystérie vient du grec hustera, utérus. C’est la maladie des femmes. Alors tu seras étymologiquement excusée de faire des caprices de nourriture, d’achats compulsifs et de gribouillis au rouge à lèvre. Ce n’est pas ta faute. C’est la faute aux grecs.

DAY 67: New York City, NEW YORK

New York c’est le jour où tu acceptais le challenge.

Tu vas à Coney Island. Coney Island c’est la Fête à Neuneu au bord de la mer. Monsieur le Forain te demande si tu veux tirer au pistolet à eau super puissant. Il y a un fauve de la savane à gagner. Tu te dis que le pauvre homme ignore que toi les armes presque à feu ça te connaît et que tu es l’une des meilleures gâchettes du pays. Mais il te propose un duel, alors tu acceptes. Par politesse. La tension est palpable. Tu vises. Tu tires. Tu gagnes. Encore une arme maîtrisée, un défi relevé. Monsieur le Forain l’a un peu dans le baba. Et tu repars ton léopard à la main. Et les gens baissent les yeux quand tu passes. La loi du plus fort.

Tu pars mettre ton léopard en cage dans la cabine de la Grande Roue. Tu as le vertige mais tu te forces. Tu te dis que si tu faisais 1000 grandes roues dans ta vie tu n’aurais plus le vertige et tu n’aurais plus peur en avion. Il t’en reste maintenant 999 et entre la Grande Roue de Paris et toi il y a un avion. Le problème reste entier.

Et puis il y a l’attente du concours de Hot Dog. Chez Nathan’s depuis des années il y a, le jour de la Fête Nationale, le concours du plus gros mangeur de Hot Dog. L’objectif est trivial : manger un maximum de hot-dogs en 10 minutes. L’évènement est regardé par 1.6 million d’américains à la télévision. 1.6 million de grands gastronomes. Ça te gobe la saucisse, puis le pain et ça te tasse le tout avec de l’eau. Le produit pour le produit.

A New York tu auras compris le sens du mot challenge. C’est accepter un duel au pistolet, c’est combattre sa peur du vide, c’est manger 68 hot-dogs en 10 minutes. Tu auras compris pourquoi ils disent qu’en Amérique tout est possible tant que tu vas au bout de tes rêves. Même si c’est pour les vomir après.

Day 67, La Fête à Neuneu

Day 67, La Fête à Neuneu